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Comment accompagner les jeunes parents en situation d’addiction ?

5 novembre 2015

Doctor In Surgery Examining Baby Girl

L’usage de toxiques durant la grossesse est un facteur de risque médico-psycho-social tant pour les parents que pour les enfants à naître. Il provoque notamment chez le nouveau-né un syndrome de sevrage néonatal (SSNN), car l’enfant se retrouve privé du toxique dont la mère est la source. Afin de permettre aux parents de répondre aux besoins spécifiques de leur bébé et de favoriser l’attachement parent-enfant, les professionnels doivent donc être particulièrement sensibilisés au SSNN et à la pathologie addictive.
Dans le cadre d’un travail de fin d’étude d’infirmière puéricultrice, la question « comment la puéricultrice peut-elle favoriser la création du lien d’attachement entre une mère dépendante ressentant la culpabilité et son nouveau-né en syndrome de sevrage ? » est posée.

Durant la grossesse, l’addiction peut être fortement réduite grâce à l’arrivée de l’enfant qui comble les carences affectives de la maman, modérant alors sa consommation de toxique. Cependant, l’enfant à naître peut également être perçu comme une menace et faire ressurgir des angoisses, voire une hostilité à son égard.
La grossesse et la naissance de l’enfant sont deux étapes essentielles dans le développement psycho-affectif de la femme. Elles se traduisent par une crise identitaire et narcissique comparable à celle de l’adolescence par l’ampleur des bouleversements à la fois corporels, hormonaux, psychologiques et sociologiques. Il s’agira de franchir une étape : l’identification à sa propre mère.
L’intensité de l’attachement prénatal est liée à deux attachements : Celui avec son conjoint et celui avec sa propre mère. Ainsi le soutien et la présence du père est primordial, surtout si l’image maternelle a toujours été défaillante. Il permettra à la mère de se sentir aimée et soutenue.

En cas de sevrage néonatal, la culpabilité est généralement le sentiment qui prédomine chez les parents. Ils se sentent coupable face à l’image que leur renvoie leur enfant en sevrage. Le SSNN survient chez environ 40% à 60% des nouveau-nés de mères ayant consommé des opiacés pendant la grossesse. La durée des symptômes chez le nouveau-né est d’environ 10 jours mais peut aller jusqu’à 21 jours.
Les soins de maternage sont mis en avant lors de ces prises en charges. Les mères prennent un traitement de substitution et sont préparées par une prise en charge médico-psycho-sociale pendant leur grossesse. A la naissance de l’enfant, elles participent assidûment aux soins de nursing. Les soins de confort (bain, massage etc..) permettent de soulager le bébé en diminuant l’intensité du syndrome de sevrage. Cela permet aussi de valoriser les parents dans leur rôle et « d’apprivoiser » leur bébé. Pour qu’un lien solide se tisse, il faut une proximité physique permanente. Cette proximité physique peau contre peau permettra au nouveau-né de se sentir en sécurité, ce qui apaisera plusieurs facteurs de SSNN comme les troubles du sommeil.
L’allaitement est un moment de contact privilégié entre le bébé et sa mère. La proximité maximale, le sentiment de responsabilité et de confiance donne l’impression à la génitrice d’être une « bonne mère ». De plus, la mise au sein, la succion et le lait maternel ont un effet calmant et analgésique, particulièrement apprécié des bébés en SSNN.

6 professionnels et une mère se sont exprimés sur leurs connaissances et leurs vécus de la prise en charge d’une grossesse dans un contexte d’addiction à l’héroïne.Du point de vue de la mère, le sentiment de culpabilité et la peur du jugement sont omniprésents durant toute la grossesse et la période postnatale. Mais les soins de maternage qu’on lui a appris à prodiguer lui ont permis de calmer les pleurs de l’enfant. Le retour à domicile a été facilité par un suivi et parce que les parents étaient sensibilisés aux pleurs de leur nouveau-né.

Du côté des professionnels, l’enquête a confirmé que le cocooning se place au centre de la prise en charge des nouveau-nés en sevrage. Bien que les professionnels aient conscience des bienfaits du peau à peau, des massages et autre, ils n’ont pas encore de règles et de protocoles prédéfinis pour accompagner les parents et leur bébé et respectent en général les choix des mamans. Tous s’accordent pour dire que leur regard sur ces couples a changé grâce aux formations et que comprendre les mécanismes de l’addiction permet d’éviter les jugements. L’écoute et l’empathie qui en découle permet aux parents de tisser des liens avec les partenaires de soin. Processus primordial pour ses mères qui ont pour la plupart un présent ou un passé difficile et qui en conservent les séquelles physiques et psychiques. Cependant l’arrivée d’un bébé inscrit sa mère dans un nouveau rôle qui permet d’entrer dans une dynamique nouvelle et parfois réparatrice.

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Article inspiré des cahiers de la puéricultrice

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