Fille ou garçon, tous égaux face à la douleur

8 mars 2019

Kinder spielen Artz

Des chercheurs américains ont diffusé, à un panel de 264 participants, la même vidéo d’un enfant de 5 ans à qui l’on pique un doigt. Ce même enfant a été présenté avec un prénom féminin à la moitié du groupe et à l’autre moitié, avec un prénom masculin. Les participants avaient comme consigne d’évaluer la douleur ressentie par cet enfant. Le groupe pensant qu’il s’agissait d’une fillette, a significativement minimisé le niveau de douleur comparé au groupe qui évaluait celle du garçonnet.

La conclusion de cette étude publiée récemment est que les adultes prennent moins en compte la douleur des filles que celle des garçons.

La gente féminine et la gente masculine ne sont donc pas logées à la même enseigne sur des éléments purement biologiques et neurologiques communs à notre espèce : ici , a douleur. Il en est de même sur le sujet de l’accueil des émotions, qui y est intimement lié.

L’humanité (dans le sens : « la façon d’être humain ») serait-elle différente selon notre sexe ? Assurément non. Cependant, nous la vivons chacun à notre façon.

La Programmation Neuro Linguistique* (PNL) peut facilement expliquer ce sujet au travers du concept de la « Carte du Monde ». Ce concept désigne la représentation personnelle que l’on se fait de la réalité. Réalité forcément subjective puisqu’elle dépend de notre perception et compréhension des événements. Notre Carte du Monde se dessine à partir de différents éléments, dont nos croyances (ce que l’on croit être vrai sur soi, sur les autres et sur le monde).

C’’est bien à cet endroit que s’enracinent les stéréotypes et les préjugés dont il est pleinement question au travers des résultats de cette étude : « les filles sont des pleureuses, de vraies douillettes » ; « un garçon c’est fort, ça résiste mieux, ça ne fait pas de chichis comme les filles, alors s’il pleure, c’est qu’il a vraiment mal ».

Partant de ces croyances populaires encore bien ancrées dans la société en général, le mythe perdure et se reproduit de génération en génération. Effectivement, dans cette étude, ce sont les femmes qui ont le moins pris en compte la douleur quand elles pensaient que l’enfant était une fille. Elles entendent, depuis toutes petites, que  les femmes savent endurer la douleur (ce à quoi il peut-être ajouté, « contrairement aux hommes ! »).

Selon les retours que leur font les adultes, les fillettes pourront alors apprendre qu’il ne faut pas s’exprimer lorsqu’elles ont mal, puisque les « grands » leur disent que ce n’est rien, qu’elles exagèrent. D’ailleurs les garçons eux aussi s’exprimeront peu s’ils sont cadrés par des « mais ne pleure pas, tu es fort, t’es pas une fille » !

Bref, autant de repères que les adultes intègrent chez les enfants qui se construisent et qui reproduiront à leur tour les mêmes pensées, les mêmes croyances. Sauf à travailler sur la théorie des genres afin de remettre plus d’objectivité dans l’accueil de ce que vivent et ressentent -pour de vrai- les enfants. L’idée est d’accepter que ce qu’ils expriment (même si nous trouvons à notre échelle d’adulte que cela est démesuré) est leur réalité, leurs ressentis.

Cette étude nous alerte donc sur la nécessité d’élargir notre cadre de référence pour prendre en compte et gérer la douleur en fonction du vécu de l’enfant, indépendamment de nos réflexes inconscients.

 

*Pour en savoir plus sur les concepts de PNL, et en particulier, sur les Cartes du Monde ou les croyances : La PNL de A à Z pour la Petite Enfance, de Stéphanie Disant, Editions Hadrien.

 

Article rédigé par Stéphanie Disant

Coach et formatrice Petite Enfance

 

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