Goûte au moins avant de dire que tu n’aimes pas…

29 septembre 2020

Young family with two small children indoors in kitchen, eating pancakes.

Chronique rédigé par Héloise Canonville. Passionnée par la qualité relationnelle entre l’enfant, les parents et les professionnels de la petite enfance, cette éducatrice de jeunes enfant de profession à choisi d’en faire l’axe principal de son métier. Elle propose des ateliers pour les parents et les enfants, des formations pour les professionnels de la petite enfance sur son site 

Goûte. Mais si, c’est bon ! Goûte au moins avant de dire que tu n’aimes pas…

Le repas, sujet brûlant, souvent en questionnement et en débat au sein des structures d’accueil petite enfance.

Un élément qui revient souvent c’est « nous on ne force pas l’enfant à manger. Mais il doit goûter ». Mais finalement, le fait de goûter est-il vraiment sans pression ?

Disons-le clairement, cela dépend vraiment du professionnel et de son histoire personnelle. Nous croyons souvent bien faire en proposant à l’enfant de goûter. D’ailleurs c’est le cas. Car tout est dans le fait de proposer. Proposer n’est pas imposer.

Les enfants n’auront pas plus de facilité à manger parce qu’on leur aura imposé de goûter plein de choses durant la petite enfance.
Déjà dans un premier temps, la curiosité des enfants les amène à goûter beaucoup de choses. Et dès tout-petits ils peuvent avoir des goûts très marqués. Ilm’est arrivé de voir des bébés de 6-7 mois avoir des hauts le cœur avec certaines purées. Leur corps parle. Le dégoût est enclenché, non maîtrisé, et on ne pourrait pas les forcer à manger (et il ne faut surtout pas !). Proposons leur autre chose à la place.

Un peu plus grands ils commencent à avoir des choix marqués pour certains aliments. Et refusent en bloc d’autres aliments. J’ai déjà entendu : « pour avoir la viande il faut que tu manges les légumes ». Ou encore « pour avoir le dessert il faut que tu manges le plat ».

C’est à mon sens placer les aliments à des places qu’ils n’ont pas, certains plus importants que d’autres. Pourquoi les légumes avant la viande ? Parce que cet enfant-là préfère. Pour un autre enfant, cela aurait été la viande avant les légumes parce qu’à l’inverse il aurait une préférence pour les légumes. Dans tous les cas l’idée est la même : pour avoir droit à l’aliment que tu aimes commence par manger celui que tu n’aimes pas. Quand l’heure du repas arrive en le pensant ainsi, ce n’est pas très réjouissant. Et si ça se reproduit quotidiennement, alors l’enfant l’anticipe de cette manière. C’est un coup à bloquer un enfant en fait. Ou dans tous les cas à apporter un rapport à l’alimentation qui n’a pas lieu d’être.

L’enfant a des préférences, c’est normal. A partir du moment où on ne compense pas ce qu’il ne mange en donnant 4 yaourts à la place d’un repas, il n’y a pas de problème. Chaque aliment du repas a sa place dans l’équilibre alimentaire, il n’y en a pas un plus important que l’autre. Donc chacun est proposé à juste mesure (avec bien sûr la possibilité de se resservir un peu, raisonnablement). Et puis des fois demandez-vous si vous, vous le mangeriez. Cela peut tout changer. Car essayer de persuader l’enfant que c’est bon (allez, vous aussi vous l’avez déjà fait non ?) tout en se disant à soi-même que vraiment là… beurk ! Instinctivement l’enfant sera réticent, il sentira votre dégoût pour l’aliment.

Comment alors favoriser l’éveil gustatif ?

Proposer des aliments variés. Cuisiner avec les enfants lorsque c’est possible. Montrer les aliments sous différentes formes. Si la cuisine est faite sur place peut être avez-vous la possibilité de montrer une carotte entière avant de montrer la carotte râpée… Et puis jouez avec la dînette.

Proposer sans imposer, proposer de jolies présentations, les odeurs, la vue, le goût vont éveiller les papilles. L’enfant est curieux. Si rien ne lui est imposé, encore plus.

Lorsque l’aliment est proposé régulièrement de la même manière, l’enfant s’y habitue aussi. Il devient donc moins méfiant, et sera plus volontaire pour goûter.

Favoriser l’autonomie lors des repas. Lorsque l’enfant peut se servir seul sous le regard bienveillant de l’adulte, il est généralement bien plus motivé pour goûter.

Une autre possibilité qui fonctionne bien, ce sont les plateaux repas. A essayer si vous n’avez jamais tenté ! Proposer la totalité du menu d’un coup sur la table. Des fois ça donne des petits pois au yaourt, c’est les découvertes, les essais. Les enfants ne vont pas forcément commencer par le dessert comme on l’imagine. Puis même si c’était le cas, est-ce si gênant ? A l’heure actuelle nous savons que les fruits en début de repas sont plus digestes, que le sucre ne coupe pas l’appétit… Puisque tous les aliments du repas ont un rôle dans l’équilibre alimentaire, peu importe finalement l’ordre dans lequel l’enfant le mange et les associations qu’il peut faire au cours du repas non ?

 

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Aucune réponse à “Goûte au moins avant de dire que tu n’aimes pas…”

  1. Commentaire créé par MARIA INEZ Rocha le Nov 22nd 2020 at 20 h 40 min: Répondre

    Bonjour,
    je crois qu’à la crèche le temps du repas à midi est souvent très rapide le temps d’un repas est de 30 minutes environ les enfants ont le temps de goûter et de goûter de ce temps à table si les référents qui les accompagne leur laisse le temps de profiter de cet autre moment à la crèche, le déjeuner. Au lieu d’insister il faut plutôt leur parler du légume du plat du repas sans les énerver à table

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