La séparation en crèche : mieux la comprendre pour mieux la gérer

2 octobre 2018

séparation

Accueillir chaque matin un enfant à la crèche n’est pas un moment simple du fait de l’exercice redouté de la séparation. Comment agir face à cette épreuve ? Qui est concerné par cette séparation ?

1-      Tisser un lien mesuré avec l’enfant

Le rôle du professionnel est parfois complexe. Il doit adapter son comportement en fonction  de la situation : être présent pour l’enfant, faire preuve de disponibilité ou au contraire prendre de la distance. Il ne doit pas déposséder les parents de leur enfant par des attitudes trop interventionnistes. Imposer la proximité physique dès l’arrivée d’un enfant qui n’est pas demandeur rend parfois la séparation encore plus compliquée.

Le professionnel préférera tisser un lien en respectant la distance nécessaire sans attitudes corporelles systématiques. Il utilisera des mots pour accompagner les émotions de l’enfant. Créer un suivi de ce qui s’est déroulé à la maison, en étant à l’écoute des parents lors de l’accueil du matin, est nécessaire afin d’assurer une continuité du soin. Il est cependant important que l’enfant distingue deux milieux différents. Le domicile de ses parents et la crèche.

Les sentiments des enfants sont bien réels. Mettre des mots sur le sentiment de l’enfant plutôt que le nier, lui permet de prendre conscience de sa personne. Il est considéré dans son individualité par la bienveillance et l’attention qui lui sont portées. La séparation doit être annoncée à l’enfant par les parents et par les professionnels de la crèche.

Au regard de ce que nous avons expliqué plus haut, le professionnel doit, lors de la séparation, être à l’écoute des sentiments de l’enfant.

2-      Accompagner le départ de la crèche

En fin de journée sonne le moment du départ. Il est fréquent que le retour du parent réactive chez l’enfant l’épreuve de la séparation. Les cris, les pleurs ou les tensions se manifestent. Certains enfants adoptent des attitudes de fuite, d’autres semblent ignorer la présence du parent et évitent le contact corporel ou même visuel.

Professionnels de crèches, vous connaissez plus que personne le quart d’heure cache-cache auquel vous soumettent quelques bambins en fin de journée. Alors que quelques bébé iront jusqu’à tourner la tête et raidir leur corps. D’autres, plus grands, se lancent dans une excitation motrice et une transgression des interdits.

Le meilleur ajustement est de prendre garde aux interprétations réductrices, aux jugements ou aux étiquettes de type «méchant», «pas gentil»  qui ne font que développer un sentiment de culpabilité chez les parents et chez l’enfant, la sensation d’être incompris.

3-      Se séparer c’est apprendre à grandir

L’enfant dans chaque  « micro-rupture », apprend à devenir de plus en plus capable de se séparer, de créer lui-même des nouveaux liens, de nouvelles aventures d’attachement et de détachement.

Vivre la séparation ça n’arrive pas qu’aux enfants !

Les parents qui s’éternisent à la crèche le matin ou le soir traduisent cette difficulté à se séparer. Il faut alors rappeler les limites aux parents. Ils doivent prendre conscience de leur rôle dans le bon développement de l’autonomie de leur enfant. S’ils rendent le moment de la séparation compliqué, l’enfant aura du mal à se détacher.

Enfin, les parents doivent aussi intégrer le fait que les professionnels aussi doivent quitter la structure à des horaires fixes. Prolonger la présence en fin de journée ne doit pas devenir systématique.

 

Marina Lemarié

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