Le tout petit et le déconfinement

31 juillet 2020

Enfant s'ennuyant durant un confinement

Article rédigé par Maelys Le Levreur, fondatrice de My Little Coaching, coach parental, éducatrice de jeunes enfants, directrice de crèche et formatrice sur Paris.

Aujourd’hui, je vous propose de vous mettre à la place du tout-petit en cette période de déconfinement. Celui autour de qui, pendant presque 3 mois, les parents avaient reformé une bulle similaire à celle de ses premières semaines de vie.

Comment l’aider alors dans cette nouvelle séparation qu’est pour lui le déconfinement ? Lui qui vivait sa meilleure vie auprès de sa famille, comment vit-il cette étape? Comment lui donner envie d’aller vers cet ailleurs ? Cet ailleurs dont on l’avait enlevé pour le protéger ? Depuis mi-mars, le tout-petit a passé son temps à consolider les liens d’attachement avec les personnes les plus importantes au monde pour lui : ses parents. Pendant 3 mois, il était de nouveau collé à eux. Bien sûr parfois, son papa et sa maman devaient travailler et n’étaient donc pas toujours présents psychiquement mais ils étaient là. Ils l’ont gardé à la maison pour le protéger et pour protéger les autres.

Cette bulle il l’avait pourtant quittée pour entrer en collectivité ou aller chez la nounou. Là-bas, il avait appris de nouveaux visages, appris de nouveaux lieux, pris de nouveaux repères et, surtout, appris la frustration, le manque de ses parents, pas facile pour lui. Il faut du temps pour cela, puis du jour au lendemain, on l’enlève de cet ailleurs. Avant 3 ans, l’enfant est une éponge, il va apprendre le monde à travers les yeux, les gestes et les mots de ceux qui l’entourent.

C’est grâce à la bienveillance des adultes qu’il pourra le comprendre et l’explorer car il les saura toujours derrière lui. Prenez l’exemple de l’enfant qui commence à marcher. Que fait-il ? il se tourne pour voir si on le regarde, si on est là pour le rattraper. Il sait alors qu’il peut s’éloigner en toute sécurité.

Il est primordial d’avoir cela à l’esprit, ce mimétisme, cette soif de comprendre, d’être rassuré pour toujours mieux lui expliquer les choses. Qu’est-ce que le virus ? Où est-il maintenant ? Pourquoi a-t-on le droit de sortir ? Pourquoi on ne reste plus à la maison ? Tout d’abord, il faut que les parents soient sûrs de leur décision lors de ce retour sinon, le petit le sentira et ne pourra s’autoriser à être bien ailleurs si son parent ne le pense pas. Pour cela, il est important de peser le pour ou le contre : télétravail ou non, exiguïté de l’appartement, maladie d’un membre de la famille, fratrie, fatigue… Ensuite, il faut avoir à l’esprit que le cerveau de l’enfant est bien différent du nôtre, il ne se souvient plus des lieux, des professionnels, ils ne se souvent plus que le matin, il partait jouer sans se retourner pour dire au revoir à son papa. Si possible, il faut que les parents racontent ce lieu, ces gens, montrent des photos. C’est grâce à cette assurance qu’il pourra à nouveau se séparer et partir explorer cet ailleurs qu’il a un peu oublié. Il faut lui expliquer ce que le monde de dehors peut lui apporter de beau et de bon.

Bien sûr, pour le tout-petit, il est encore difficile de parler d’amitié. En effet avant 3 ans, il joue plus en parallèle de l’autre qu’avec l’autre mais, parlez-lui des gens qu’il côtoie souvent, que ça soit des gens de la famille ou du lieu de garde. Les premiers jours seront sans doute difficile mais il y arrivera s’il se sent porté par ses parents.

Le rôle des professionnels est de faire que la journée se passe le mieux possible pour lui, sans ses parents et toutes les mesures sanitaires déjà drastiques qui ont encore été renforcées. En tant qu’équipe pourquoi ne pas tout expliquer, tous les protocoles, toutes les traçabilités ? Un parent bien informé sera plus serein. Il est en effet primordial que les parents aient confiance en l’équipe. Ainsi, le tout-petit le sentira et, après quelques jours de ré-adaptation, comprendra que ces personnes aussi peuvent être de « bonnes » personnes pour lui. La crèche qu’il a quittée ne sera pas la même que celle qu’il va retrouver. Faites des jeux de caché-coucou avec lui derrière les masques, qu’il s’habitue et comprenne que derrière le tissu, c’est toujours une personne qu’il connait, qu’il puisse, petit à petit reconnaitre vos visages et vos émotions.A nous de lui offrir le monde, à nous de lui offrir cet ailleurs dont il a été privé pendant presque 3 mois.

Vous êtes bloggeur(se) ou professionnel(le) petite enfance et vous souhaitez participer à la ligne éditoriale de Crèchemploi ? Contactez-nous !

225 vues totales, 1 aujourd'hui

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Recherchez une information :
TwitterFacebook Google + Linkedin Viadeo
Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial