Les propositions du comité de filière petite enfance pour lutter contre la pénurie de professionnels de crèche

8 juillet 2022

Story Time at Nursery

Installé en novembre 2021 et opérationnel depuis début 2022, le comité de filière petite enfance a donné le 29 juin ses premières propositions. La situation dans le secteur n’a de cesse de se dégrader, alors que l’événement tragique survenu dans une crèche lyonnaise récemment délie les langues sur les conditions d’accueil en crèche.

Revalorisation des salaires, ouverture du secteur à de nouveaux profils, amélioration et accélération des formations et de la diplomation. Afin de remédier à la pénurie de professionnels de crèche, le comité présente des solutions qu’il juge « concrètes et opérationnelles ».

 

Attirer plus de monde vers le secteur de la petite enfance

Afin de résoudre le problème n°1 du secteur qu’est la pénurie de professionnels, deux mesures d’urgence sont proposées : l’accélération de l’arrivée sur le marché du travail des professionnels nouvellement formés et l’ouverture des modes d’accueil du jeune enfant à de nouveaux profils dans le respect de la qualité́ d’accueil.

L’objectif est d’attirer des nouvelles recrues, grâce à la mise en place de plusieurs dispositifs :

  • Ouvrir plus de places en formation initiale pour les auxiliaires de puériculture, infirmières-puéricultrices, éducateurs de jeunes enfants et CAP Accompagnant éducatif petite-enfance
  • Réduire les délais de diplomation des auxiliaires de puériculture et des infirmiers-puériculteurs en facilitant l’organisation des jurys
  • Orienter par la voie de l’apprentissage les jeunes en formation initiale, ainsi que les personnes en reconversion ou en insertion professionnelles
  • Permettre aux assistantes maternelles de rejoindre les équipes de crèches dès la troisième année d’expérience, ainsi que les titulaires du titre professionnel assistante maternelles /garde d’enfants à domicile et les assistants territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM).
  • Simplifier drastiquement la validation des acquis de l’expérience (VAE)
  • Faciliter le recrutement de titulaires de diplômes étrangers, notamment les diplômes européens
  • Promouvoir les métiers de la petite enfance grâce à une grande campagne de communication dès la rentrée 2022

Le comité appelle également à faciliter les progressions de carrières notamment grâce à des passerelles entre les métiers.

 

Augmenter les salaires des professionnels

Le second objectif du comité est de maintenir dans l’emploi les professionnels actuels en revalorisant leur rémunération.

Il considère que les rémunérations doivent être « appropriées, cohérentes et soutenables à l’échelle du secteur », avec si besoin « des trajectoires de revalorisations salariales soutenues par la collectivité ».

Il appelle donc la Direction générale du Travail (DGT) « à tout mettre en œuvre pour que les accords portant sur la revalorisation des salaires dans les branches du secteur de la petite enfance puissent être étendus dans des délais plus courts, dans la mesure du possible inférieurs à trois mois ». Le comité demande également au Ministère de la fonction publique de mettre en place le versement de la prime issue du Ségur de la Santé, soit 183 euros nets mensuels, pour augmenter les salaires de l’ensemble des professionnels de la petite enfance.

 

Développer le parcours professionnel

Afin de faciliter les parcours dans l’ensemble du secteur, le comité souhaite :

  • Faciliter les allers-retours entre les différents modes d’accueil : individuel, collectif, hybrides et écoles maternelles
  • Terminer la construction d’un socle de connaissances et de compétences communes à tous les métiers de la petite enfance
  • Amplifier le plan de formation continue des professionnels
  • Développer une formation certifiante « petite enfance » de niveau 5 et une gamme complète de formations certifiantes « dans une logique “métiers” complémentaire à la logique “diplômes” ».

 

Améliorer la qualité de vie au travail

Il n’existe actuellement aucune organisation permettant de recenser sur l’ensemble du territoire les difficultés rencontrées par les professionnels du secteur. Le comité propose donc au gouvernement de créer un observatoire de la qualité de vie et des conditions de travail de métiers de la petite enfance, en mandatant l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT). Cet observatoire aurait une mission d’alerte « sur des situations de qualité de vie au travail dégradées et de proposition de mesures correctives ».

Enfin le comité a adopté une résolution visant à faire évoluer la prestation de service unique (PSU) et le complément de mode de garde (CMG), souhaitant notamment que « le coût effectif du recours à l’accueil individuel pour les familles modestes soit similaire à celui qu’elles exposent lorsqu’elles recourent à l’accueil collectif ».

 

 

Sources : Banque des TerritoiresCommuniqué Solidarités-santé.

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