Ne cours pas !

15 décembre 2020

A group of happy children of boys and girls run in the Park on the grass on a Sunny summer day . The concept of ethnic friendship, peace, kindness, childhood.

Chronique rédigée par Héloise Canonville. Passionnée par la qualité relationnelle entre l’enfant, les parents et les professionnels de la petite enfance, cette éducatrice de jeunes enfants de profession à choisi d’en faire l’axe principal de son métier. Elle propose des ateliers pour les parents et les enfants, des formations pour les professionnels de la petite enfance. 

Ne cours pas ! Ah… Qu’est-ce que j’ai pu l’entendre cette phrase. Car c’est bien connu, dans les structures d’accueil du jeune enfant, il y a des endroits où l’on peut courir (généralement, le jardin !) et d’autres où ça n’est pas possible. Sauf que les enfants courent quand même.

Alors que dit-on ? « Ici on ne court pas ! »

Qu’est-ce qui ne va pas dans la phrase :

En premier lieu, la négation. On sait aujourd’hui que les enfants entendent la négation, mais ne la traitent que dans un second temps. Donc lorsqu’ils entendent la phrase, en premier ils entendent… Cours ! Le cerveau va au plus vite, et commence à penser à l’action qui est dite. Car nous pensons avec des images. Donc c’est l’image courir qui est prioritaire. Ne pas ? Ah oui c’est vrai, c’est là aussi. Ensuite seulement la négation est traitée. Lorsque l’enfant est assez grand, plus de 2 ans.

Pour aller dans le sens du traitement de l’information, nous pouvons alors dire ce que nous attendons de la part des enfants : « ici, on marche ».

Je vous voir venir. Vous allez me dire « j’ai essayé, mais ça ne marche pas ». Souvenez-vous mon premier article sur la communication bienveillante : cela amène un (gros) plus. Pour autant ça n’est pas une baguette magique si l’on ne prend pas en considération un ensemble de choses. Armez-vous de votre superbe outil professionnel qu’est l’observation.

A partir du moment où il faut répéter systématiquement la même chose au même endroit/même moment, peut-être y a-t-il quelque chose qui cloche ?

Dans notre situation, même avec la phrase positive « ici on marche », l’enfant n’est manifestement pas en capacité de résister à cette envie plus forte que tout de courir.

Je me souviens dans une structure où je travaillais, pour aller des salles de vie à la salle de motricité ou au réfectoire, il y avait un grand couloir. Vide. Et ce grand espace vide, ça invite à quoi ? Courir bien évidemment !

Et là j’aurai beau enlever la négation dans ma phrase, dire « ici on marche » ou encore « dans le couloir vous restez à côté de moi » (et moi je marche bien entendu), il y a autre chose qui entre en jeu. L’aménagement de l’espace. Une clé pour un quotidien plus serein.

Pour revenir à mon couloir, deux options : soit on se dit que dans le couloir on a le droit de courir, jusqu’à un point précis qui est facilement repérable pour les enfants : une ligne au sol, une barrière… La consigne sera alors clairement dite : « vous vous arrêtez à la ligne ». Soit il faudra aménager le couloir pour qu’il n’y ait plus cet immense espace. Un meuble à un endroit. Une barre de jeu ou un miroir à un autre endroit. Si tel est le cas, attendez-vous à passer un peu de temps dans le couloir afin de permettre aux enfants de découvrir les éléments mis dans le couloir. Le passage express en courant va devenir passage escargot. Et ce n’est pas forcément gênant, à partir du moment où en tant que professionnel.le.s, nous l’anticipons. Parce qu’il ne faudrait pas non plus que le « on ne court pas » se transforme en…. « Dépêchez-vous les enfants ! ». Ce dernier sera d’ailleurs sujet d’un autre article ;-).

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