Premier baromètre économique de la petite enfance

17 janvier 2020

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La Fédération Française des Entreprises de Crèche a publiée le 15 janvier 2020 le premier baromètre économique de la petite enfance. 

Ce premier Baromètre Economique de la Petite Enfance a été réalisé entre mars et octobre 2019 par deux cabinets indépendants Cekoïa Conseil et EY. Cette étude a pour objectif de décrire la situation de l’accueil des jeunes enfants en France. Elle permet de faire un point sur le secteur et d’identifier les différents enjeux de développement.

Voici les 4 grands points à retenir :

  • La France doit être au rendez-vous de sa petite enfance, car elle n’est pas à la hauteur des besoins d’accueil

 

N’ayant pas d’autre moyen, plus d’un enfant sur deux est gardé par ses parents ou par des proches. Le souhait de recourir à une solution formelle d’accueil augmente chaque année : 52% des familles en 2017 contre 45% en 2015.

Le soutien de l’État aux familles est important, mais reste complexe et ne répond pas à toutes les situations sociales et familiales en France. Les schémas de financement peuvent prendre plusieurs formes (chèques, avances de frais ou allègement fiscal), toutefois les restes à charge des familles varient selon les revenus et le mode d’accueil choisi, le lieu de garde, la situation professionnelle, familiale ou géographique.

La multitude d’options et la complexité des procédures ne facilitent donc pas l’accès aux modes d’accueil souhaités pour les familles qui détiennent des situations sociales compliquées.

Par ailleurs, l’accès aux modes d’accueil (tous modes d’accueil confondus) est inégal selon les territoires, allant de 6 à 66 places pour 100 enfants de moins de 3 ans. Les zones urbaines sont mieux dotées en EAJE, contrairement aux zones rurales qui affichent une proportion plus élevée de mode d’accueil individuel.

 

  • Le système français d’accueil de la petite enfance a besoin du secteur privé marchand, aux côtés du secteur public et associatif

 

En France, les gestionnaires publics (principalement des collectivités territoriales ou centres d’action sociale) représentent 59% de l’offre d’accueil en EAJE. Le secteur associatif quant à lui, représente aujourd’hui 25% des places.

Depuis une quinzaine d’années, afin de répondre à la forte pénurie et faciliter la création d’emplois, le secteur s’est ouvert aux entreprises de crèches, qui représentent désormais 80 000 berceaux et ont créé près de 80% des nouvelles places entre 2012 et 2018. Cependant, le système actuel reste trop complexe et les réglementations empêchent une augmentation de capacité plus rapide.

Si le secteur marchand a réussi à générer plus de 50 000 places entre 2012 et 2018, il serait en mesure de générer d’ici 5 ans 75 000 berceaux supplémentaires. Malgré cette dynamique, les objectifs fixés par l’État et la CNAF (100 000 nouvelles places de crèche 2013 à 2017) sont loin d’être atteints.

 

  • Les modèles et équilibres économiques des EAJE varient fortement selon les types de gestionnaire

 

En France, les EAJE sont financés par les familles, les employeurs réservataires, mais aussi de nombreux acteurs publics (Caf, collectivités territoriales, etc.). Ce modèle à plusieurs versants rend ce schéma de financement opaque et difficile à piloter pour l’État.

Le financement des EAJE varient en fonction du type de gestionnaire. En effet le soutien financier des acteurs publics diffère selon le mode d’accueil. Les établissements du secteur public concentrent la part la plus importante de financements publics (12 401€ par place de crèche et par an), devant le secteur associatif et solidaire (11 028 €), et devant le secteur privé marchand (9 315€).

De plus l’investissement moyen par nouvelle place de crèche (environ 25 500€ par place) est bien moins élevé lorsque l’investissement est porté par une entreprise du secteur privé (20 140€ contre près de 50 000€ pour le secteur public).

 

  • Pour continuer à se développer, le secteur doit adresser plusieurs enjeux stratégiques

 

Afin de se développer et pallier aux limites mise en lumière ci-dessus, le secteur de l’accueil de la petite enfance en France doit répondre à 5 enjeux majeurs :

  • Améliorer encore la qualité de l’accueil
  • Développer l’attractivité des métiers
  • Participer à la réduction des inégalités
  • Maintenir la capacité à développer l’offre de places et créer de l’emploi
  • Simplifier le cadre réglementaire

 

L’évolution du secteur est à suivre. Pour en savoir plus téléchargez l’étude complète ou retrouvez la sur le site : https://ff-entreprises-creches.com/

 

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