Prévenir les risques professionnels en crèche

11 octobre 2019

risques professionnels en crèche

Les professionnels de la petite enfance sont exposés à une réelle pénibilité physique et mentale au travail, qui est le plus souvent banalisée. Les salariés en crèche les plus âgés sont particulièrement touchés par ces difficultés au travail. En adoptant une politique de prévention des risques professionnels, il est possible d’améliorer la qualité de vie au travail en crèche.

Quel est l’impact du travail en crèche sur la santé ?

Plusieurs études menées par la mutuelle Chorum, le Snaecso (Syndicat employeur des acteurs du lien social et familial) ou encore la Cnamts (Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés) démontrent que sur l’ensemble du secteur social, les professionnels exerçant dans les établissements d’accueil de jeunes enfants (EAJE) sont les plus touchés à la fois par les arrêts maladie et les accidents du travail dus aux contraintes physiques de leur métier (contraintes posturales, portage des enfants …).

La pénibilité physique

Travailler en crèche requiert une forte implication physique, ce qui expose les professionnels de la petite enfance à des troubles musculo-squelettiques (TMS) liés à la nécessité :
- de porter les enfants dans certaines activités (change, sieste …)
- de manipuler fréquemment le matériel (tables, chaises, lits …) en fonction des activités
- d’adopter différentes postures contraignantes pour s’adapter à la taille des enfants et conduire les activités (prise des repas, sieste …)

Les risques psychosociaux

Aux TMS viennent s’ajouter des risques psychosociaux découlant :
- de la gestion d’un groupe d’enfants : fatigue liée au bruit, tension nerveuse, manque d’attention
- de l’importance des contrats aidés et CDD qui engendrent un fort turnover des équipes en crèche
- d’une rotation importante des enfants sur la semaine, voire dans la journée, due à la précarisation des familles.

La nécessité de prendre en compte les seniors

L’accompagnement des seniors au travail présente un double intérêt :
- leur permettre de continuer à travailler avec les enfants, malgré les limitations d’âge que se fixent une majorité de professionnels de crèche
- prévenir le vieillissement prématuré lié à la pénibilité du travail.

Il est à noter également, qu’un professionnel de la petite enfance, en début de carrière, a une opinion positive de son métier et trouve le parcours intéressant et enrichissant. Le problème se pose plus tard. En effet, les seniors disent ressentir un manque de reconnaissance, qui se traduit par un salaire peu valorisant et des perspectives d’évolution de carrière réduites.
En réponse à cette problématique, les professionnels de la petite enfance proposent notamment des échanges entre structures pour prévenir de la démotivation. La direction doit être également impliquée afin d’accompagner les salariés de manière optimale (proposer un bilan de compétences, communiquer sur les formations professionnelles).

Comment prévenir les risques professionnels en crèche ?

La prévention des risques au travail est un enjeu majeur pour préserver les professionnels de la fatigue psychologique et physique.

Réduire les nuisances sonores

Avec les cris et les pleurs, le niveau sonore auquel sont exposés les salariés de la petite enfance, est très élevé et a de réelles répercussions sur leur vie personnelle.
Diverses actions peuvent être menées pour réduire le bruit :
- organiser des activités en petits groupes de 5 ou 6 enfants
- optimiser l’agencement de l’espace pour une meilleure isolation phonique

Prévenir les troubles musculo-squelettiques

La prévention risques professionnels que sont les TMS, outre l’apprentissage des gestes et postures à adopter pour se préserver, passe essentiellement par l’achat d’un équipement ergonomique. Adopter un processus d’achat qui implique la participation de toute l’équipe à travers des tests de matériel avant achat, ainsi que la visite d’autres crèches pour trouver des idées et des pratiques innovantes, reste l’une des meilleures solutions pour préserver la santé des professionnels de crèche

Source :
Métiers de la Petite Enfance n°214

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2s réponse à “Prévenir les risques professionnels en crèche”

  1. Commentaire créé par CURRALADAS le Mar 26th 2021 at 14 h 02 min: Répondre

    Dans le secteur Petite Enfance, il est urgent de prendre soin de l’adulte

    Depuis près de 40 ans dans le secteur d’accueil de la Petite Enfance (crèches collectives, crèches familiales, accueil à domicile), les psychiatres, psychologues, psychomotriciennes et d’autres professionnels de santé ont tout fait pour prendre soins du tout petit. Tout a été mis en œuvre pour sa sécurité physique et psychique. Tout a été pensé pour le bien-être du tout petit (0-3ans). C’est très bien et on ne peut que s’en féliciter.
    Mais il y a un deuxième acteur dans ces Lieux d’Accueil des Jeunes Enfants (LAJE) ; l’adulte ! et plus précisément, les femmes car le secteur professionnel est composé pratiquement de 99,99% de femmes. Sans elles, aucun accueil n’est possible. Or depuis une vingtaine d’années on constate sur le terrain une progression des plaintes des personnels travaillant auprès des d’enfants. Ces plaintes se concrétisent par de la souffrance physique.
    Le corps de l’adulte souffre.
    Le nombre d’arrêt maladie pour lombalgies, cervicalgies, dorsalgies, tendinites et Troubles Musculo Squelettiques (t.m.s.) est un fléau et un casse-tête quotidien pour les responsables des structures collectives. Il suffit de consulter les offres d’emploi de ce secteur pour comprendre qu’il y a un problème ; le manque chronique de salariées est une réalité qui signe un malaise de tout le secteur.
    Pourquoi ce malaise ? et bien parce que depuis toutes ces années, on ne s’est pas préoccupé du corps de l’adulte. On a tout simplement nié l’adulte, son corps et ses capacités physiques. On a considéré (inconsciemment ?) qu’une femme savait s’occuper des enfants, d’une part par ce qu’elle était femme, d’autre part par ce que le poids de l’enfant a été ignoré. Or, l’enfant est une charge, il pèse un certain poids, et les femmes ne sont pas préparées, pas formées à manipuler ses charges pendant toute une vie professionnelle (43 ans actuellement). La médecine du travail en France a fixé le poids maximum qu’une femme puisse porter à 25 Kg. En dessous de ce poids elle considère qu’il n’y a pas de risques d’accidents rachidiens. Comme dans la petite enfance (0-3 ans) les enfants n’atteignent pas 25 kg, ce risque a été nié. Mais ce n’est pas le poids de l’enfant qui est le plus important, c’est la répétition du geste de soulèvement/portage/dépose. Ces gestes qui peuvent être effectués plusieurs dizaines de fois par jour et entrainer des charges de plusieurs dizaines de tonnes sur les structures de la colonne vertébrale .

    De plus dans un avenir proche, les structures d’accueil seront composées de professionnelles vieillissantes qui devrons travailler jusqu’à 65 ans voire plus. En effet, l’arrivée sur le marché du travail s’effectuant actuellement entre 23 et 25 ans et les 43 annuités nécessaires à la liquidation de la retraite vont entrainer une augmentation significative de l’âge de ses professionnelles en activité. Si rien n’est mis en place pour protéger le corps des femmes qui travaillent dans ce secteur on court à la catastrophe : des fins de carrière en arrêt maladie, un absentéisme chronique, qui va entrainer des perturbations dans les possibilités d’accueil des enfants (c’est déjà le cas dans beaucoup de structures), une souffrance physique et psychologique entrainant des Burn out, etc.

    Que faire ?
    A mon sens, il faut agir rapidement dans trois directions :
    La première est la modification de la vision des concepteurs des structures collectives, c’est-à-dire des architectes. Il faut prévoir la place des corps des adultes dans la construction des bâtiments et l’organisation spatiale des lieux de vie et des sections. Exemple dans les salles de siestes des tout petits laisser une place pour l’adulte qui surveille la sieste ! Trop souvent les lits des enfants sont collés les uns aux autres sans laisser cette possibilité. Idem pour les salles de changes trop souvent étroite et sans ventilation ou l’adulte a du mal à se mouvoir. Prévoir des vraies salles de repos, vestiaires et douches. Etc.
    La seconde et dans la conception et l’approche ergonomique des matériels. Il faut que les fabricants généralisent les possibilités de bouger le mobilier et autre matériels utilisés quotidiennement. Les roulettes qui sont en option sur leurs catalogues doivent être installées automatiquement. Il faut également réfléchir sérieusement au couchage des enfants et a l’utilité de ses lits à barreaux en bois qui empêchent une manipulation ergonomique des enfants par les adultes et entraine beaucoup d’accident lombaires et de tms au niveau des épaules ! Le couchage au sol pour les trois âges doit être généralisé pour le bien-être de l’enfant et de l’adulte.
    La troisième doit bien sûr être la généralisation des formations de prévention des lombalgies et tms pour les agents de ce secteur. Mais pas n’importe quoi et pas par n’importe qui. Il faut imposer des critères de qualité aux entreprises de formation et des qualifications aux « formateurs » ! La législation doit évoluer et les formations de prévention des lombalgies et tms doivent apporter des réponses simples et efficaces. Le message de prévention doit obligatoirement apporter 3 niveaux d’informations :

    La connaissance de l’anatomie de la colonne vertébrale
    Anatomie, physiologie et bio mécanique de la colonne vertébrale
    Les mécanismes lésionnels des structures de la colonne vertébrale

    Les techniques de protection de la colonne vertébrale
    Le polygone de sustentation, La balance rachidienne, La technique du balancier
    Le verrouillage lombaire

    Les postures qui protègent la colonne vertébrale
    Soulever/déposer, Porter, Déplacer

    En conclusion
    Sans une modification rapide de la vision du secteur Petite Enfance centrée autour et uniquement pour l’enfant on va vers une augmentation de la souffrance de l’adulte qui entrainera une catastrophe dans le fonctionnement de ce secteur. Il faut prendre en compte les deux corps, l’enfant et l’adulte car pour bien s’occuper des autres, il faut déjà prendre soins de soi.

  2. Commentaire créé par Marie le Aug 13th 2020 at 15 h 39 min: Répondre

    Dans la creche ou je travaillais ils en avaient rien a faire d avoir peu de matériel style siege pour les pros.On avait pas grand choses,les directrices sont assises elles dans leur bureau et s en fichent complètement. Quand aux seniors il y en avait plusieurs et rien n était mis en place pour les aider,ils en ont rien a faire du tout,ils préfèrent les jeunes en crèche, il y a de la discrimination c est horrible,mais ça se passes comme ça.La petite enfance est l oublié de ce systheme même la médecine du travail ne fait rien et les choses n avanceront jamais tellement ce n est pas leur problème.Pas cool tout ceci!!!

  3. Commentaire créé par Hortense le Mar 1st 2020 at 22 h 13 min: Répondre

    Les pro ont mal au dos a force de porter les enfants et pour effectivement protéger son dos on plis les genoux et a force de s assoir se relever plein de fois par jour ce sont les genoux qu on esquinte bien.On doit toujours etre posé assis au sol.Et on a rien pour s assoir aucune chaise pour pro.L employeur ne fournies aucun materiel,il se fiche de leur employé et quand on en parle au médecin du travail ils rigole ce n est pas leur problème s.Comme si on avait besoin d être toujours au sol c est du n importe quoi,du discours d intello idéaliste ca ne va pas traumatiser les enfants de ne plus s assoir au sol.Les enfants s en fiche totalement et on s esquinterait moins si on était pas toujours obligé d être assis par terre.C est space la petite enfance d être toujours Assis par terre le seul boulot ou on fait ça,jamais vu ailleurs dans aucun autre boulot.

  4. Commentaire créé par Claire-line le Feb 10th 2020 at 20 h 23 min: Répondre

    Bonjour.
    36 ans d’ancienneté à mon actif je suis AP dans une creche privée.
    Pour ménager mon dos j’ai plié les genoux pendant des années jamais eu mal au dos mais mes genoux sont HS. Menisectomie genou gauche et douleur inflammatoire genou droit. Tendinite épaule droite dû à des gestes répétitifs pour prendre le matériel des enfants lors du change dans une salle de bain plus petite que les wc du personnel.
    3 pros dans la section et 1 seul tabouret ergonomique.2 pour 12 pris sur la creche.
    Autrefois à la ville de paris on utilisait du matériel suédois à hauteur d’adulte pour tous.

  5. Commentaire créé par Gounet le Jan 4th 2017 at 6 h 45 min: Répondre

    Bonjour
    Responsable d’un service Eaje de 34 places d’accueil, je suis la plus âgée de l’ensemble de l’équipe. Ma charge de travail est énorme la mairie se décharge de tout, il me considère comme gestionnaire et du coup je me retrouve à tout gérer. Le CHSCT se décharge complètement /document unique, protocole de sécurité incendie évacuation, protocole de mise en sécurité des agents et des enfants suite circulaire du 17/8/2016 bref. et j’en passe. Les courrier destiné au maire me sont directement envoyé avec mention du DGS “Mme à mettre en place nécessaire obligatoire vous êtes le gestionnaire”. CAF /PSU/CEJ
    Budget fonctionnement global et investissement gestion équipe de 15 /accueil famille enfant /organisation du service/régisseur de recette/entretien bâtiment /déclencher intervention si besoin en retour pas d’action reaction attente des mois pour réparation/ et dans tout cela la santé et le bien être de tous/ tenir pour être rassurante pour l’équipe encourager positive attitude
    Enfin être toujours au top niveau
    Je n’ai pas d’adjointe ni de secrétaire .
    La pénibilité est présente pour tous. J’interviens en salle j’aide l’équipe au moment fort.
    A qui s’adresser pour avoir de l’aide? Le centre de Gestion?
    Merci de votre attention
    J’ai à cœur de tout mettre en œuvre pour répondre au bien être des enfants et des agents qui me sont confiés c’est obligatoire mais je suis seule.
    Peut être pouvez vous me conseiller
    Merci
    C’est,
    Mme Gounet

    • Commentaire créé par Crèchemploi le Jan 11th 2017 at 17 h 23 min: Répondre

      Madame,

      Merci d’avoir fait part de votre situation.
      Il est très intéressant d’avoir des commentaires comme le vôtre afin que votre expérience servent à d’autres.

      Vous semblez effectivement avoir une très importante charge de travail.
      En avez vous parlé au responsable du service Petite Enfance de la collectivité?
      Organisez une réunion avec le responsable du service, l’élu petite enfance et discutez de cette problématique de surcharge de travail et de manque d’effectif.

      Nous vous souhaitons beaucoup de courage et espérons que votre situation s’améliorera.

      Très bonne journée

      L’équipe Crèchemploi

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