La prise en charge orthophonique du petit enfant (0-3 ans)

18 septembre 2020

Female psychologist working with boy suffering from autistic disorder

Article rédigé par Cécile Kostadinoyski, thérapeute psychocorporelle en biodynamique et Orthophoniste en méthode corporelle : https://plus-belle-l-enfance.fr

Il y a quelques années, j’ai été confrontée à une situation confuse : un directeur d’école maternelle auquel je me présentais me demandait pourquoi un enfant de petite section de maternelle irait faire de l’orthophonie alors qu’il commençait juste ses apprentissages, il n’avait alors pas idée que l’orthophonie pouvait concerner de si jeunes enfants…

Plus fréquemment encore, de nombreux médecins, ou des personnes de l’entourage, disent aux parents inquiets devant leur enfant qui ne parle pas à 2 ans et demi: « Pas d’inquiétude, le langage se développera plus tard ! » ou bien, aux parents d’un enfant qui a du mal à manger : « un enfant ne se laisse jamais mourir de faim ».

 

La prise en charge orthophonique précoce est souvent une mission essentielle, car elle comporte de la prévention dans beaucoup de domaines, mais aussi la mise en place du langage au sens large, chez des enfants qui ne le développent pas de façon harmonieuse.

 

Dans le cadre d’un handicap connu dès la naissance, les parents sont généralement orientés vers un CAMSP (centre d’action médico-sociale précoce) où leur enfant recevra une prise en charge globale.

Lorsqu’un enfant n’est pas en situation de handicap, mais qu’il semble présenter des « retards » ou des difficultés, comment les professionnels doivent-ils réagir devant ces situations et quand conseiller un bilan orthophonique aux parents ?

Les professionnels de la petite enfance font preuve d’une grande vigilance en permanence et connaissent bien les enfants.

De nombreuses situations peuvent être à risques et amènent souvent ces professionnels à être encore plus vigilants.

En voici quelques exemples : une grande prématurité, une atteinte somatique du bébé (par exemple la surdité, un RGO-réflexe gastro-oesophagien-…), des carences graves, des difficultés psychiques chez les parents, des problèmes familiaux importants, toutes ces situations peuvent entrainer des troubles nécessitant une prise en charge médicale ou paramédicale.

 

Dans certains cas, il est utile de conseiller aux parents, sur prescription de leur pédiatre ou médecin traitant, d’aller rencontrer un orthophoniste avec leur enfant.

Voici différentes situations qui peuvent alerter les professionnels dans ce sens :

-  Aucun babillage, ni de réponse vocale, pas de réponse à l’appel du prénom : on peut penser que l’enfant est rêveur, il se peut qu’il ait un trouble d’audition (une surdité profonde se détecte généralement dans les tout-premiers mois de vie) ;

- Régurgitation trop fréquente du lait chez les bébés (accompagnées de pleurs, cris) : possibilité de RGO (réflexe gastro-oesophagien) ;

-  Réactions « anormales » aux stimuli (comptines, chants, berceuses), pas ou peu d’intention communicative : l’autisme peut provoquer ce genre de réactions (ou non-réactions) ;

- Difficultés à articuler les mots, enfant inintelligible : probables difficultés de motricité bucco-phonatoire ;

-  Incompréhension des consignes simples, pas d’appétence au langage : existence possible d’un trouble linguistique ;

-  Entre 2 et 3 ans, si le petit enfant stagne avec des mots-phrases, ne progresse pas vers un langage morphosyntaxique (construction de phrases : sujet-verbe) ;

-  Difficulté de mastication, refus de certaines textures, refus de s’alimenter (cf article : trouble de l’oralité): un trouble de l’oralité peut exister en dehors de toute atteinte somatique, une prise en charge orthophonique précoce permettra un meilleur pronostic ;

-  Le bégaiement du petit enfant vers 2 ans et demi/3 ans n’est pas rare, il passe le plus souvent spontanément, mais si cela semble durer, il est opportun de voir un orthophoniste spécialisé dans ce domaine afin que cette situation ne perdure pas.

Les professionnels de la petite enfance jouent un grand rôle dans le développement de la communication et du langage des enfants. Au quotidien, accompagnant les actes de tous les jours, le langage oral est omniprésent. Il est juste nécessaire d’observer, d’écouter, et si une situation pose un questionnement, alors les professionnels de crèche pourront en parler avec les parents et les inviter à consulter.

 

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