Proposer un cadre bienveillant à l’enfant : Pourquoi et comment ?

7 avril 2022

It's a newcam

Professionnelle de la petite enfance, Camille Adam partage ses découvertes concernant l’accompagnement du jeune enfant. 

Suite à son expérience et sa reprise d’études pour devenir éducatrice, elle transmet avec passion ce qui l’aide à mieux le comprendre. 

Vous pouvez découvrir ses vidéos et autres articles sur Instagram (its_a_newcam), Youtube : Camille ADAM et Tik Tok : @its_a_newcam

Camille évoquait dans son article précédent ce qu’était le « Terrible Two » ou la phase d’affirmation de soi et comment vivre cette période plus sereinement. Elle traite aujourd’hui le sujet du cadre bienveillant.

 

Quand les éducations nouvelles sont souvent associées à du laxisme ou à la notion « d’enfant roi », il est bon de rappeler qu’elles n’ont rien à voir avec ces deux principes. L’éducation bienveillante n’exclut pas l’idée de limites ou de règles, mais invite à poser un cadre bienveillant, nécessaire à l’enfant.

Dans cet article, je tente de vous expliquer pourquoi et comment.

 

Qu’est-ce qu’un cadre bienveillant ? 

C’est le fait de définir avec l’enfant des limites claires, réfléchies et adaptées. C’est lui offrir la possibilité de découvrir le monde qui l’entoure tout en lui offrant un environnement sécurisé et sécurisant.

 

Pourquoi le faire ?

L’enfant a besoin de ce cadre pour grandir et explorer le monde sereinement. Il lui apporte sécurité, contenance et repères. Que ce soit à propos du sommeil, du jeu, du repas ou de la socialisation, c’est grâce à ce sentiment de sécurité que l’enfant explore le monde et grandit sereinement.

Le cadre joue un rôle majeur à ce niveau-là.

Le cadre me donne des REPÈRES : « Quand je vais là, on me dit ça. Quand je vais ici, on me signale ça. Je ne suis pas perdu. »

Le cadre est CONTENANT : « Je suis entouré par ce cadre. »

Le cadre me SÉCURISE : « Je sais que si je fais ça il se passera ça, ça me rassure. »

« Le chemin est clair et sécurisé ; je peux avancer vers de nouvelles aventures et découvrir le monde qui m’entoure en toute sérénité. »

 

Comment le proposer ?

Ici, pas de cris, de punition ou de gros yeux. Pour proposer un cadre bienveillant, il faut toujours garder en tête l’idée que l’enfant est l’égal de l’adulte et agir en ce sens.

Plusieurs points sont essentiels à cette mise en place ; je vais les approfondir ici.

 

Un cadre réfléchi.

Ni trop, ni pas assez. Les règles sont parfois trop nombreuses et pas toujours adaptées à l’enfant. Remettons l’enfant au centre de notre réflexion et voyons s’il est vraiment nécessaire de se fatiguer à faire respecter certaines règles.

Est-ce vraiment grave si l’enfant de 2 ans trempe son pain dans l’eau ? N’est-ce pas plutôt une expérience qu’il n’aura pas forcément l’occasion de faire à un autre moment et qui peut lui permettre plusieurs acquisitions ? Et monter le toboggan à l’envers, on en parle ? 

Le cadre doit être pensé pour l’enfant, pour lui permettre de grandir sereinement.

Réfléchissons au pourquoi et au comment des règles que nous lui proposons.

 

Un cadre expliqué.

L’enfant est capable de comprendre et a besoin de comprendre. Mettons-nous à sa hauteur et prenons le temps de lui expliquer la raison de cette règle. Le cadre sera d’autant plus respecté s’il est compris.

Une fois que l’enfant a assimilé le cadre, il peut alors s’impliquer et participer à sa mise en place et à son respect. Nous pouvons lui demander son avis et sa participation.

 

Un cadre stable 

Quand une règle ou un interdit est défini, il est primordial qu’ils soient toujours les mêmes. Plus le cadre est stable et continu, plus l’enfant s’y retrouve et plus il sera respecté et intégré.

Sortir du cadre semble parfois être la solution ou la facilité. Faux. C’est remettre en doute tout ce que nous avons eu tant de mal à construire. Une fois le cadre posé, il est important qu’il soit respecté. S’il ne l’est pas, c’est qu’il y a une occasion particulière (anniversaire, évènement etc…) et pas pour nous faciliter la tâche. Elle sera facilitée sur le moment mais bien plus difficile les jours suivants.

 

Un cadre respecté de tous. 

Si l’enfant n’a pas le droit de s’asseoir sur ce muret, l’adulte non plus. Si l’enfant doit se laver les mains avant de passer à table, l’adulte aussi.

Montrer l’exemple doit être notre meilleur allié. L’enfant aime reproduire les actions de l’adulte. Si nous respectons les règles, il le fera. Si nous dérogeons au cadre, il ne manquera pas de nous le faire remarquer.

 

Faire équipe autour de ce cadre. 

Professionnel.le.s ou parents, le meilleur moyen pour que ce cadre soit mis en place de façon efficace est de pouvoir en parler ensemble et de se mettre d’accord sur les différentes conditions. Ainsi, tout le monde a le même discours et l’enfant s’y retrouve.

Explication, patience, bienveillance sont de nouveau de mise pour réussir à poser ce cadre bienveillant dont les enfants ont tant besoin.

L’enfant s’y opposera parfois, il coopérera peut-être moins facilement un autre jour, il retentera peut-être cette expérience pour vérifier si elle est bien interdite ; et là, le cadre stable que nous lui proposons prendra toute son importance.

 

J’aborde, dans cet article, l’idée qu’il est parfois intéressant de repenser ou supprimer des règles souvent injustifiées, trop exigeantes ou inadaptées. C’est le thème que j’aborderai dans mon prochain article : Les règles et les interdits.

 

 

Camille ADAM

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