Reportage : La place des hommes en crèche en 2021

5 février 2021

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Partie 1 / 4 : Les hommes, des professionnels de crèche comme les autres ?

Le manque de mixité dans la petite enfance a la peau dure : selon le rapport du Commissariat Général à la Stratégie et à la Prospective, les hommes représentent entre 1,3 % et 1,5 % des effectifs du secteur, et 3 % dans les structures collectives (lieux d’accueil de jeunes enfants – EAJE – et écoles maternelles).

Pourtant, les hommes ont toute leur place en crèche.
Le gestionnaire de crèches Rigolo Comme La Vie l’a bien compris, et met en œuvre un focus particulier sur la mixité de ses recrutements. Trois professionnels de leurs crèches, Jean-François, Auxiliaire de puériculture, Florent, Animateur petite enfance et Florian, Directeur de Crèche, reviennent sur leur parcours et témoignent sur leur vie – heureuse ! -d’homme en crèche.

Des préjugés qui disparaissent rapidement

« Les hommes ne portant pas d’enfant, ils doivent prouver leurs capacités à s’en occuper », résume Jean-François. En effet, l’imaginaire collectif tend à perpétuer une image des métiers impliquant des enfants comme étant plutôt destinés aux femmes, comme une sorte de prolongement de la maternité.

« J’ai ressenti ces préjugés principalement lors de ma première année de formation d’AP en Belgique », raconte Jean François. « Nous n’étions que quatre hommes, et j’ai été le seul à terminer l’année. J’avais le sentiment de devoir « prouver » en permanence que j’y avais ma place. »

Et chez les parents ? « Il n’y a pas vraiment de préjugés exprimés, réfléchit Florent, plutôt un effet de surprise…mais qui est souvent plutôt positif, et disparait par ailleurs rapidement. »

Pour Florian « à partir du moment où ont fait preuve de transparence et d’honnêteté, il y a directement une relation de confiance qui s’installe, le genre n’a pas d’importance ».

Car c’est aussi le rôle des professionnels de rassurer et d’accompagner les familles : une fois le lien noué, Florent, Florian et Jean François confirment à l’unanimité que l’appréhension du genre s’efface.
En outre, le fait que les papas soient de plus en plus investis au sein des crèches participe également positivement à la normalisation de la présence masculine dans ce secteur. « Cela permettrait également, indique Florian, de rendre mettre certains pères en confiance. Une autre présence masculine les aide à se confier ou à faire part de certaines angoisses parentales avec plus de facilité ».

Quel impact sur les enfants ?

« Une certaine méfiance ou appréhension peut être ressentie par l’enfant, explique Jean-François, principalement lorsqu’il n’a pas l’habitude d’avoir une figure masculine au sein du foyer. Mais, à l’image de l’appréhension des parents, celle des enfants s’estompe également très rapidement à mesure que l’enfant s’adapte à l’environnement.
« Il semble important d’offrir une représentation plus inclusive aux enfants ; complète-t-il, ou hommes et femmes sont représentés dans le processus d’éducation extra-familial. »

Un homme en crèche, une valeur ajoutée ?

Avoir une place, c’est bien, apporter un plus, c’est encore mieux ! « Ma voix grave est parfois un avantage en termes d’autorité auprès des enfants ! » s’amuse Jean-François. « La mixité peut également apporter un plus à l’ambiance et la sérénité d’équipe », complète Florent sur le même ton. Florian a le même ressenti. « Même si mes centres d’intérêts sont assez éloignés de ceux de mes collègues féminines, la mixité permet justement d’ouvrir les horizons ! »

Comment motiver les hommes à s’intéresser aux métiers de la crèche ?

Les trois professionnels s’accordent sur le fait que le changement de perception réside avant tout dans la valorisation des filières. Accueillir des élèves de 3e en stage, communiquer dans les collèges et lycées…autant d’actions qui font la preuve par l’exemple.

La mise en pratique de leurs compétences le prouve : les hommes ont toute leur place en crèche. « Il est important de stopper la distinction entre des professionnels hommes et femmes ayant les mêmes qualifications » juge Florent. « Si une personne est diplômée et qualifiée pour travailler, c’est qu’elle est capable d’exercer, peu importe son genre ! ».

Retrouvez la partie 2 / 4 : « Florent : DU BTP à la crèche, un parcours hors du commun » ;

 partie 3 / 4 :  « Jean-François : C’est la personne qui fait le professionnel » 

 

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