Témoignage : les relations parents-professionnel(le)s en crèche

29 décembre 2020

father and little daughter go to school or daycare

Article rédigé par Mélanie Skopinski. Diplômée depuis juillet 2017, cette auxiliaire de puériculture a décidé de créer son blog pour partager son parcours, sa formation et ses débuts de vie professionnelle.

Un des aspects qui me plait le plus en crèche est la triade parent-professionnel(le)-enfant, un des piliers de notre profession. En effet, nous n’accueillons pas seulement les enfants mais aussi bien évidemment leurs parents, tâche ô combien complexe mais nécessaire pour l’épanouissement du tout-petit.

Pour ma part, je trouve que les compétences qui tournent autour de l’accueil, l’échange et la collaboration avec les parents sont longues à acquérir : en formation, nous disposons de bases théoriques qui ne nous permettent pas de faire de francs liens avec la pratique, je me souviens qu’en stage on ne me laissait guère parler aux parents, une ou deux transmissions, pas plus. Il m’a fallu de l’expérience pour me sentir à l’aise pour communiquer avec eux, déceler leurs inquiétudes, leurs doutes, leurs désaccords, leurs joies derrière leurs propos.

C’est tout d’abord l’histoire d’une première rencontre, celle de l’adaptation (ou familiarisation). Je me rappelle encore la première que j’ai faite, j’en garde un souvenir très ému, c’était aussi une première pour ces parents, nous avions tout à (nous) découvrir, un lien de confiance à créer. Puis ensuite, il y a les autres rencontres, quotidiennes, lors des transmissions, souvent très brèves par manque de temps ; comment alors construire une relation dans la durée en si peu de temps ?

Pour ma part je perçois le duo parents-professionnel(le)s comme un partenariat entre adultes, bénéfique pour le bien-être de l’enfant. Nous sommes côte à côte, nos missions sont complémentaires : nous sommes dans la co-éducation. Je parviens à m’adapter aux différentes familles, je fais preuve d’empathie, d’écoute, je sais quels sont mon rôle et ma place. Ainsi, je ne me sens pas supérieure, à détenir le savoir et les compétences ; au contraire, je guide, j’accompagne, conseille, toujours dans le respect des différents points de vue. En effet, il n’y a pas de bonnes ou mauvaises façons de faire, seulement divergentes, en fonction du contexte, de l’environnement, des contraintes, des choix pédagogiques.

Les réactions des parents sont diverses, parfois elles nous étonnent, nous déstabilisent, nous agacent, nous mettent mal à l’aise, nous heurtent, semblent démesurées, inadaptées. De ce fait, les jugements hâtifs peuvent vite survenir, car nous avons non seulement une image du parent idéal que nous nous sommes construite dans notre enfance, mais aussi de par nos connaissances acquises. Si de tels opinions nous viennent, mieux vaut en parler en équipe, pour déconstruire nos schémas de pensée, échanger pour mieux comprendre ce qui se joue.

Il y a aussi et surtout des familles avec qui le courant passe tout de suite, avec qui tout est fluide, les échanges sont vrais et sincères. Des parents qui nous donnent des signes de reconnaissance, du simple « bonjour, comment-allez-vous ? », aux remerciements chaleureux en fin d’année en passant par les fréquentes petites attentions. Nous sentir reconnu(e)s dans notre profession est tellement gratifiant, valorisant et encourageant ! Cela permet de regonfler l’estime de soi, d’avoir l’envie de bien faire son travail et d’être tout simplement présent, dans l’ici et maintenant, avec les enfants et avec le sourire !

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